REUNION DE LANCEMENT DU TROISIEME FILM

par Juliette,

Réunion du samedi 09 Avril

 

Présents : Lucile, Olga, Géraldine, Fanny, Joelle, Michèle, Juliette, Jeanne, Cédric, Hélios, et une nouvelle curieuse : Chloé !

Excusés : Florence, Sarah, Isis, Laurent, Pierre, Romain, Mikaël (un nouveau aussi, ingénieur du son !).

 

Nous avons discuté pendant plus de trois heures. D’abord le bilan de l’expérience et du film 2010, puis l’exploration des envies de chacun, et surtout des améliorations possibles pour ce prochain film qui démarre.

Cet échange qui réunissait un bon nombre de motivés en ce samedi ensoleillé, a mis en place des nouvelles idées qui, bien qu’elles soient pour l’instant théorique, présagent déjà une progression du collectif et des manières de faire un film ensemble.

 

BILAN

En général, les présents sont satisfaits de l’expérience du film 2010.

Les habitants et les équipes étaient plus nombreux à s’investir dans le projet, du début à la fin. Comme on l’a déjà dit : le collectif s’est ressenti, des tournages au montage, et ça, c’était déjà une réussite. La projection s’est bien passée, le film a plu.  Selon les spectateurs, le film est : émouvant, techniquement bien réalisé (belle technique image et son, beau montage), si bien que certains sont venus nous voir en nous disant : c’est un vrai film (qu’est ce qu’aurait donné un faux film ? mystère…)

Mais tout le monde se rejoint à dire que le film 2010 présentait certaines lacunes :

. pas assez unitaire, trop fragmenté.

. les travaux sont désincarnés.

. les personnages restent le plus souvent dans l’anecdotique.

. le film est trop local, l’immersion dans le quartier nous fait manquer de recul, à la fois dans le contenu (les paroles des personnages) et dans le paysage (la géographie du quartier).

 

NOUVEAU FILM

Cette  autocritique manifeste une envie partagée de faire un film plus pointu : plus creusé, avec un angle plus précis. La discussion portait sur deux questions principales :

. comment améliorer le film en lui-même, dans son contenu et sa forme ?

. comment améliorer le fonctionnement des équipes, du collectif ?

Ces deux questions s’imbriquent, se font écho.

Cette année, sachant que les travaux vont être tardifs et assez mince (destruction de l’ancienne crèche et début des fondations), nous avons décidé de nous pencher sur :

. les gens de la tour :  faire ressentir l’attente qui s’éternise, la tour qui se dégrade, qui se fissure au fil du temps, tout comme l’espoir, tout comme les relations entre les gens. L’impatience qui devient irritation, piétinement, désespoir aussi. Et même des gens qui ne voulaient pas partir , finissent par se dire « pourquoi ne pas partir ? »

De plus en plus, les habitants affirment que Paris Habitat les manipule, et les pousse à partir. Ils renouvellent l’espace urbain, mais aussi les gens.

Provoquer des rencontres, dans l’espace de la tour, mais aussi dehors, sur les bancs, dans la rue, pour tenter de comprendre mieux comment on vit dans ce quartier, et puis d’abord s’il y a un quartier ou pas ?

. les biffins : ils font partie du temps du chantier : si on change le quartier, est ce qu’ils auront

une place ? Est ce qu’ils peuvent être intégrés dans un quartier qui veut être plus classe, plus

propre ? Eux aussi, vont-ils être « renouvelés » ? ça pose aussi la question du devenir social du quartier : ne sont-ils pas en train de virer la misère ?

Il ne faut plus contourner cette question : il faut la poser, en comprenant la vie des biffins,

Le regard  des habitants, (sans évacuer « le racisme ambiant ») les solutions entamées avec Aurore (l’association qui gère le car des biffins) et leur histoire dans le quartier (ils font partie intégrante de ce quartier !!)

. la rencontre entre les habitants et les architectes des logements sociaux.

L’idée d’intégrer les architectes rejoint la proposition de Lucile de filmer le « hors chantier » : les personnages à côté. Que ce soit les responsables de Paris Habitat, ou les architectes.

Pour nous aider à penser nous aussi « au-delà du chantier », nous avons même pensé à faire venir un(e) sociologue qui pourrait développer une réflexion plus globale. Il (elle) ne serait pas dans le film, mais nous aiderait en amont à construire notre regard.

. la rencontre entre les architectes de la crèche et la directrice de la crèche.

La directrice a vécu pendant plus de dix ans dans l’ancienne crèche qui va être démolie. Nous pensons évidemment à filmer ses impressions au moment de sa destruction.

Il serait intéressant aussi de lui faire rencontrer les architectes car la directrice n’est pas du tout satisfaite des nouveaux locaux. Elle trouve qu’ils ne sont pas fonctionnels, l’espace est trop grand et le personnel baisse les bras (trois personnes de l’équipe  ont démissionné). De plus, la façade borde le trottoir, sans protection. Et les passants ne se gênent par pour « pisser dessus »….

 Au niveau de la construction du film, nous espérons pouvoir réaliser un film unitaire, où tout s’enchevêtre. Finalement, nous avons toujours filmé les gens dans leur appartement, dans leur bulle, sans vraiment filmer la confrontation à l’espace, et aux voisins.

Maintenant, nous voudrions lier, imbriquer les histoires, car elles se vivent dans un même espace. Par exemple, un habitant de la tour vient dans le car des biffins, ou discute avec l’architecte des logements sur place, ou un biffin raconte sa vision du quartier (beaucoup de biffins vivent dans le quartier).

 

Pour parvenir à nos fins, il est clair que nous avons besoin d’être investis en amont des tournages : de comprendre les enjeux, de creuser les paroles, de choisir les personnages, d’anticiper les situations.

DONC Nous avons adopté un fonctionnement différent, qui privilégie le temps de repérages et de rencontre avec les gens :

 . Avril et Mai : repérages.

L’année passée, Lucile avait entamé certaines rencontres avec des gens de la tour. Elle va continuer.

Chloé et Jeanne sont motivées pour venir aussi rencontrer des gens et vivre un moment avec eux dans la tour, pour se rendre compte.

Joëlle s’investit évidemment dans la tour.

Elle aidera aussi à mettre en place les séquences avec les architectes.  

Hélios, Fanny et Juliette ont passé trois demi-journées dans le car et le carré des biffins. Les rencontres sont très riches, les idées fusent. Les détails dans un petit texte en train de s’écrire.

 . Courant Juin : assemblage des idées.

A partir des repérages de chacun, écriture d’un film (grandes idées), qui relie les gens et les situations. Ainsi, chacun a le film dans la tête avant de tourner (chacun connaît les enjeux et les buts principaux). Et nous espérons par là que le montage pourra tisser une histoire commune à toutes les situations.

Nous envisageons concentrer les tournages à partir de Septembre (sauf ceux imposés par les dates des travaux).

 . Début Juin, Florence la mixeuse nous propose un rendez-vous pour passer en revue et commenter, au son essentiellement, les séquences du film. Je vous communiquerai la date exacte début mai.

 

 

 

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