Rencontre avec des collégiens

 

Par Mohammadi CHELLAH

 

En ce jour du 9 avril 2010, je me rends au rendez-vous avec le professeur Madame France DEHAMEL pour rencontrer les élèves de 4ème du  collège Clémenceau du  18ème arrondissement de Paris.
Madame DEHAMEL me reçoit chaleureusement dans sa classe et me présente une dizaine d’élèves  garçons et filles. Ma joie était grande, car j’attendais ce moment depuis des mois. J’étais séduit par ces collégiens qui veulent produire un texte avec arrangement musical à travers des « récits de vie » filmés comme le mien. Pour commencer, Madame DEHAMEL allume le PC pour visionner ensemble mon récit de vie, où je raconte mon enfance au Maroc, mon départ pour la France à l’âge de 20 ans et une partie de mon parcours en France depuis 40 ans.

A la fin du film, une séance de questions réponses commence, timidement au début, mais plus détendu au fils du temps. Les élèves voulaient savoir :
-    Pourquoi j’ai décidé de quitter mon pays ?
-    Quelle était la réaction de ma mère au moment du départ ?
-    Comment les entreprises Françaises venaient dans les douars Marocains pour choisir leurs candidats au départ?
-    Quel était l’intérêt du gouvernement Marocain de nous laisser partir ?
-    Comment était mon premier emploi ?
-    Est-ce que je pense toujours retourner dans mon pays d’origine ?
-    Y’avait-il vraiment des mouchards du consulat Marocain qui nous empêchaient de nous défendre au travail et de nous syndiquer ?

Et d’autres questions qui prouvaient leur curiosité d’apprendre. J’ai répondu avec enthousiasme à leurs questions et j’ai raconté l’amitié, la fraternité et la solidarité que j’ai connue dans mon travail. J’ai aussi raconté l’histoire ahurissante mais véridique, des candidats qui ont été refusé à émigrer, parce qu’ils savaient remplir leurs fiches de candidature. J’ai aussi raconté mon 1er fait d’arme, lorsque deux mois après mon arrivée en France, j’ai exigé devant l’inspection du travail, qu’on me paie mes heures supplémentaires, comme le stipulait mon contrat de travail. Evidemment mon patron ne voulait pas lui aussi, d’immigrés qui savent lire et écrire, donc se défendre. Les patrons à la sauce coloniale, voulaient des bras et pas des têtes qui réfléchissent. Chose qui a surpris les élèves.

Je  remercie tous ceux qui ont permis cette rencontre, car elle était intéressante, pour passer un message d’espoir de tolérance et de fraternité entre les générations. Bon travail et bon courage et peut-être à bientôt.

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