Les bas et les hauts de la Sierra / Débats

 

 par Lucile

 

La journée de tournage du Samedi 4 décembre était bien planifiée.

Le matin, tournage à la bibliothèque : Aïcha, qui habite le quartier, et ses deux cousines qui viennent du 17ème devaient nous parler de ce lieu qu’elles aiment et dans lequel elles ont passé de longs moments, la bibliothèque Binet. Le regard de ces jeunes femmes qui connaissent bien le quartier mais qui y sont aussi extérieures nous intéresse beaucoup.

L’après-midi, nous devions suivrons Joao, 17 ans, qui prendrait des photos du quartier.

Une journée riche de différents regards sur Binet s’annonçait pour nous. Nous : Juliette à la réalisation, Laurent au son, Valérie et Lucile à l’image, et Fanny, toute nouvelle arrivée.

La journée fut riche effectivement, mais pas tout à fait telle que nous nous y attendions.

 

La discussion passionnante d’Aïcha, Djeneba et Maoudé, est plus difficile à filmer qu’il n’y paraît. Il faut choisir sur quel visage se poser. Il est tentant de bouger la caméra au gré de la parole, de suivre le visage qui parle. Mais nous risquons d’arriver toujours trop tard sur les visages et de ne pas pouvoir utiliser nos images. Filmer une discussion animée ; vive, et qui plus est à trois personnes, demande un découpage précis.

 

Ce matin-là, Valérie et moi, Lucile, sommes à l’image. Je suis à la Sierra depuis presque un an. La Sierra a pris une place importante dans ma vie et j’y ai beaucoup appris. Mais, en un an, j’ai peu filmé et je commence à avoir vraiment vraiment envie de mettre la main à la pâte. Sous l’œil de Valérie, je prends donc la caméra à la moitié du tournage. Je passe trop de temps à trouver mon cadrage. Pas assez de spontanéité. Comprenant qu’il faut aller plus vite pour ne pas perdre le mouvement de la discussion, Valérie me reprend la caméra après deux plans. Je suis énervée sur le moment, j’avais vraiment envie de filmer.

 

Cet événement donne lieu à un échange important entre nous. Nous devons trouver une manière de laisser la place à ceux qui apprennent. La difficulté est là : nous devons assurer nos tournages, ne pas les louper, faire un film exigeant ; mais nous devons aussi laisser place à l’erreur et à l’hésitation de ceux qui ne sont pas encore « au point ».

 

Des solutions doivent êtes trouvées, nous sommes tous d’accord. Depuis, d’ailleurs, des idées et des propositions s’échangent.

 

L’après-midi, Joao nous fait faux bond….

 

Alors, nous profitons du luxe d’avoir notre local dans la tour : nous décidons de regarder nous rushes tous ensemble. Rien de mieux que cela pour apprendre : tourner puis regarder. Cela n’était pas possible avant, ça l’est maintenant. 

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