Atelier du 12 février


Par Olivier
Ce vendredi 12 février, Victor et moi avons rendez vous à 15H30  avec les jeunes de 4e du collège Clemenceau. Eux et nous on se connaît déjà. Mais ce jour-là, c’est le début du travail musical.

Je flâne dans les rues de Barbes, il fait beau. En moi, la satisfaction d'avoir fini les enregistrements des bass / batterie pour l'album de Kalash se mélange au stress ...le stress d'un écolier. Me voilà devant le collège : c’est la sortie d'école. Ca hurle, ça se chamaille, ça se vanne bref ça vit ! Comment ne pas remarquer le manque de mixité sociale. À croire qu'il y a des écoles pour cheveux blonds et des écoles pour cheveux crépus ...Un petit bonjour à la concierge. Je monte dans la salle des profs et je me retrouve devant la porte du directeur ! Mauvais souvenir !
La prof de français arrive. Sourire au bec comme d'hab. Et motivée comme jamais après avoir visionné le dernier récit de vie avec la classe. Dans un mail, elle nous a fait le compte rendu d’un visionnage ; je vous rapporte ici quelques mots de sa prose : «Ils ont été très émus, très touchés. Pas un bruit, pas une remarque durant le visionnage. Puis nous leur avons demandé leur avis. Ils ont beaucoup aimé. Timidement des questions sont venues. (Au début, ils étaient un peu sans voix, difficile de dire qq ch après cela). Nous espérons que S. pourra effectivement venir vendredi prochain. Les questions sont prêtes. Ce portrait est vraiment très beau, très respectueux et très pudique. Les élèves ne s'y sont pas trompés …».  La prof me donne les clefs de la classe, j’y installe mon matériel : ordi, clavier et deux enceintes. Victor arrive puis vient le tour des loustics. Ils entrent dans le calme ! (Victor et moi on se regarde ! ça nous change des derniers ateliers qu’on a faits !) Leurs yeux reflètent pas mal « d’envie d’y aller»  mais aussi beaucoup de manque de confiance ! Victor fait des tapes dans le dos, juste ce qu’il faut, à qui il faut. Nous glissons des regards, des sourires. On doit aller vers eux, les mains ouvertes, le cœur dépaqueté mais aussi déterminé !! Mettre des limites sans en avoir l’air, donner envie sans faire peur...Pas facile ! Dans le groupe, à notre grand plaisir, autant de filles que de garçons !
Pour détendre l’atmosphère, rien de tel que d'une petite séance de corpo rythme : faire une rythmique avec la bouche ou le corps.
Je me mets dans une situation où j'ai l’air ridicule et même j’accentue mon côté ridicule, avec une petite phrase suivie d'un petit rictus : « il ne faut pas avoir peur d'être ridicule pour faire ». Ca part au quart de tour. Tout le monde s'y met. Les deux profs aussi : ça tape, ça rigole, ça se toise mais ça fait et ça marche ! Au bout de 15 minutes la glace est rompue. Victor enchaîne, leur fait un petit freestyle et on invite deux gaillards à faire la même chose : ça hésite, ça regarde à droite, à gauche, en haut en bas ça cherche de l'aide et.... et...... et ...raté.... trop tôt ! Mais on est dedans. La  machine est lancée. On les invite à choisir s’ils veulent faire la musique ou écrire et rapper /chanter. Tout se fait naturellement. Personnellement je me retrouve avec toutes les filles et un gars ...adorable. Je leur fais manipuler l'ordi, leur demande de taper sur les touches du clavier d'où sortent différents sons de batterie. Comme ils le veulent, n'importe comment, juste pour le plaisir de faire du bruit… Au bout de 5 minutes de vacarme, l'appréhension de la froideur d'un vulgaire ordinateur, comme simple instrument de musique, me semble rompue. Puis à mon plus grand étonnement j'arrive, dès la première séance, à leur communiquer quelque lexique musical : caisse clair, sharley, grosse caisse, octave. Ils sont énormes ! Un sens du rythme et surtout plein d'entrain ! Nous arrivons à faire toute une batterie sur l'ordinateur. Chacun y met sa touche, en respectant l'autre .
Après un résultat plus que probant pour un tout début, je leur dis d'aller voir l'atelier d'à côté pour écouter « le début du son » .Tout le groupe arrive,  sourire au bec avec, à la main, des feuilles froissées,  meurtries par les assauts du bic ! Fatomata fait péter le son!! Et, nous invitons ceux qui ont un début de texte à rapper dessus!!!! Devinez qui se lance ? En premier et  « devant tout le monde » ? Dans le mille ! Le lascar qui n'avait pas osé au début... Victor l’invite à hausser la voix et il le refait deux fois sans qu'on lui demande. La fin approche. J'entends des « mais attend c'est pas vous qui avait fait ce son !». Les filles rétorquent aussi sec que si et qu’ils n'y connaissent  rien !!! Magique. A vendredi prochain.



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