3 La rencontre avec Mehdi

 

 

 

 

La rencontre avec Mehdi, racontée par Emmanuelle et France (les professeurs)

 

Les élèves ont vu le récit de vie de Medhi en janvier mais n’ont pu le rencontrer qu’en avril. Le jour de la rencontre nous avons donc de nouveau regardé le film pour nous le remettre en mémoire, en présence de Medhi cette fois. Voir une seconde fois ce film, après avoir déjà travaillé sur la thématique du récit de vie, après avoir rencontré Bernard quelques semaines auparavant, a rendu cette rencontre plus sereine, plus tranquille car les élèves sont alors sur un terrain davantage connu. Certaines réponses de Medhi font écho à ce que Bernard nous a dit. Les élèves s’en souviennent et ces informations sur les conditions de vie d’un ouvrier d’origine étrangère dans les années 70 se font plus présentes, plus réelles encore. Les élèves comprennent alors mieux ce qu’ont pu vivre leurs grands-parents, leurs aînés arrivés en France à cette époque. La question n’était pas tant celle des papiers, qui préoccupe tant à La Goutte d’Or, que celle de la dignité et de l’égalité dans le travail.

Medhi revient aussi sur un sujet sensible, celui du retour au pays. On en parle, beaucoup. On se sent divisé voire écartelé. Et on a bien du mal à trancher, remettant toujours à plus tard ce retour que, peut-être, on craint en même temps qu’on espère. Cette question intéresse les élèves. Elle les ramène à ce que leurs parents vivent, ressentent. Les témoignages de Medhi et de Souleymane leur permettent d’entrevoir, d’être sensibilisés à ce qu’éprouvent parfois leurs parents sans leur en parler.

Le temps nous a manqué lors de cette rencontre. Nous n’avons pas eu le temps de laisser venir toutes les questions des élèves, les nombreuses anecdotes de Medhi. Si nous en avions le temps et la possibilité, nous nous disions qu’une rencontre élèves, Medhi, Bernard et Souleymane pourrait elle aussi être très riche pour tous !

 

Ces bribes de vie dont ils sont admiratifs, ils s’en servent avec respect dans les textes des chansons qu’ils écrivent. Preuve sans doute qu’ils ont intégré ces vies comme faisant partie de leur histoire, qu’ils ont compris que ces témoignages étaient importants pour leur propre construction. 

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