Septembre, octobre, la rentrée en fanfare

Publié le 5 Novembre 2012

A chaque rentrée c’est la bousculade dans notre local. Entre les voisins qui défilent, les dossiers de subventions qui doivent impérativement être bouclés, les réunions qui s’enchaînent,  l’activité de chaque collectif qui reprend, vivent les vacances de la Toussaint ! Du temps béni pour mettre à jour ce blog. Bien sûr ce texte est un peu long mais si vous le parcourez jusqu’au bout vous devinerez qu’on ne s’est pas croisé les bras.Depuis début septembre, nous sommes désormais trois à travailler à temps complet : une jeune fille, très impliquée sur le quartier qui nous a rejoints l’année dernière en bénévole, est notre nouvelle salariée. Sa responsabilité : organiser le bon déroulement des ateliers photographiques. Heureusement pour elle, « le pilier de ce collectif » habite tout près ; il est très souvent là pour l’épauler !


e. séance 24:10Collectif photographique / Les gens de la tour : les ateliers reprennent en octobre, les visites d’expo aussi 

Dans le prolongement des ateliers de l’année dernière, ce pôle se structure autour de la réalisation du projet « Les gens de la tour » (lire la présentation du projet).

Trois bonnes nouvelles : Tous les apprentis photographes de l’année dernière continuent l’aventure; Six nouveaux venus ont rejoint le groupe dès la réunion d’information, d’autres participants s’annoncent ; Deux nouveaux photographes professionnels et une « amateur éclairée », psychologue à domicile de profession, s’engagent à transmettre leur savoir-faire.

La réunion de rentrée a lieu le 2 octobre. Notre petit local est bondé. Pas la place de mettre une chaise pour tout le monde et trois personnes restent debout ! Une ambiance des plus chaleureuses. Chacun témoigne d’un bel enthousiasme, tous les « anciens » insistent  sur le fait que si c’est génial d’avoir la chance d’apprendre gratuitement avec de vrais photographes il ne faut pas oublier l’importance du lien à créer, à renforcer,  avec les locataires de la tour  (lire le compte rendu et voir l'album M). Selon les disponibilités de chacun, deux groupes se constituent, l’un le mercredi, l’autre le samedi.

Mercredi 24 octobre ; le groupe est au complet, chacun très motivé. La première heure est consacrée aux premières notions techniques (découverte des réglages de l’appareil photo) ; la deuxième heure, aux premiers clichés de la tour et du chantier ; la troisième heure, retour au local, les clichés sont mis sur l’ordinateur : analyse des erreurs…

Mercredi 31 octobre, une visite d’expo est organisée au BAL (la Sierra Prod prend à sa charge le prix des billets) ; accompagnés par un intervenant photographe, les apprentis restent subjugués par le beau travail  de Paul Graham "enraciné dans la grande tradition britannique de l'enquête sociale" (voir le site).

Avec un peu de retard - dû au fait que l’une des photographes intervenant ce jour-là est en Afghanistan, l’autre à New York - la première séance  du samedi aura lieu le 10 novembre ; elle sera consacrée à une rencontre avec deux de nos voisins …

 

 

clap 4 2012Collectif audiovisuel / Le temps du chantier : les repérages se terminent, les tournages continuent

La thématique principale que nous avons choisie – le regard que portent les jeunes  sur le renouvellement urbain de leur quartier – nous oblige à imaginer avec eux une mise en image qui sied à leur manière de vivre (on ne peut pas se contenter d’un questionnement sous forme d’entretien). Et ça prend du temps ! Du temps sans caméra, du temps pour que le courant passe ! Mais l’implication des six jeunes avec lesquels nous avons choisi de travailler est à ce jour telle que la fin des repérages approche. Au mois de novembre, c’est sûr, les séquences appelées à structurer le récit de ce 4e documentaire seront dans la boîte !

Pour autant, depuis le début septembre, nos équipes de tournage ne chôment pas !

Premier impératif : terminer la séquence « écoles », commencé en juin (voir l'album O). C’est chose faite. Lundi 4 septembre, 8h du matin, jour de la rentrée scolaire à l’école primaire provisoire : nous sommes là avec notre caméra. Postés devant la grille, guettant les réactions, nous accompagnons jusque dans leur classe des élèves qui nous reconnaissent. Un événement imprévisible surgit : en ce jour de rentrée, l’eau de l’école n’est pas potable… Indignation des parents, malaise du corps enseignant, nous filmons les réactions sur le vif. Des parents « recherchent » notre caméra pour exprimer leur colère « comme à la télé ». Mais nous ne voulons pas en rester là. Et nous proposons à certains de se revoir deux semaines plus tard, là devant les grilles de l’école, pour réfléchir ensemble à cette question qui nous taraude : pourquoi réhabiliter et non pas détruire une école si proche du périph et de ses nuisances ? L’école maternelle, elle, ne va-t-elle pas être détruite, reconstruite plus loin du périph…

Deuxième impératif : ne pas oublier nos voisins de la tour (le pourrions-nous ?) et donc les nouveaux logements qui se construisent et dans lesquels ils vont emménager fin 2013. Depuis septembre, la structure des quatre immeubles est terminée. Tous les étages sont montés. Le toit s’est recouvert de panneaux voltaïques ; les uns appellent ça des panneaux solaires, une autre des panneaux lunaires ; tous se demandent « si c’est pour leur électricité ? ». Deux fois nous avons tenté de filmer la séquence qui répondrait à leur question. A chaque fois la pluie a interrompu notre tournage. La séquence reste à tourner… En ces mois de rentrée, le mauvais temps chahute plus d’un de nos tournages sur le chantier.  Et comme fut pénible pour les habitants le chemin boueux à parcourir jusqu’à l’appartement témoin ! Ah ! La visite de cet appartement ! Que n’avons-nous entendu ? Florilège : « Pourquoi nous faire visiter un 5 pièces ? Vous en connaissez beaucoup des locataires dans la tour qui vont avoir droit à un 5 pièces ? En cherchant bien, je ne vois qu’une famille »... « Ces fenêtres qui vont jusqu’en bas des murs, qui va les nettoyer ? Je serai obligée de mettre mon buffet devant… » « On peut à peine mettre un lit dans la chambre » « Qu’est-ce que je vais faire de mon armoire ? » … « Il n’y a pas de porte à la cuisine ! Ca sentira la friture jusque dans la chambre »… Nous filmons cette visite mais nous décidons d’attendre le mois de novembre pour en faire le bilan avec les habitants, espérant que s’estompe la grande peur du changement… (voir l'album N). 

Troisième impératif : être vigilants face à ce quartier en ébullition. Nous organisons des séquences à la nouvelle brasserie. Nous participons à la réflexion sur le fonctionnement du nouveau centre social dont les locaux seront situés en rez-de-chaussée des logements sociaux et qui sera géré par les habitants eux-mêmes. Nous guettons la destruction des anciens locaux du CMP et de l’antenne du centre social…

Parallèlement aux tournages, le collectif audiovisuel organise un nouveau cycle de stages. Au programme : stages basiques des techniques image et son, pour ceux qui viennent de nous rejoindre, et, pour les plus anciens, des stages plus poussés sur la lumière (lire le compte rendu), stimulant l’imagination de certains pour les prochaines séquences à tourner (à la lumière d’un réverbère, par exemple…). Et, puisque la post-production en intéresse plus d’un, nous allons dans les prochaines semaines organiser des stages techniques autour des formats vidéo, exports et finalisation de dvd. Notre local étant trop petit pour que ces stages se déroulent dans de bonnes conditions, nous continuons à les organiser dans une maison de production amie, situé dans  le 3e arrondissement (voir album Q).

 

 

7. le groupe écritureCollectif musical / La grande nouveauté : un atelier « hors scolaire »

 En cette rentrée, la grande nouveauté est l’organisation d’un atelier que nous appelons « hors scolaire » pour le distinguer des ateliers que nous menons depuis 4 ans avec l’établissement Rabelais, école de travail social et lycée, porte de Clignancourt, et avec Clemenceau, un collège du 18e (voir la fin du texte).

A chaque fin d’année scolaire, au moment de la restitution sur scène, les élèves les plus motivés voulaient continuer l’année suivante. Mais, si chaque année l’aventure se renouvelle dans leur établissement, les « anciens » ne sont plus dans la classe concernée... Cette année, à la restitution de mai (voir l'album J) sur la salle de concert du centre Barbara FGO (notre fidèle partenaire depuis quatre ans), 10 jeunes (lycéens et collégiens confondus) manifestent le désir de continuer l’atelier. Notre local est trop petit pour accueillir en création musicale un tel groupe ! C’est alors que la chance nous sourit : au simple détour d’une conversation, avec une compréhension inouïe, la directrice du centre d’animation Binet propose de mettre à notre disposition  deux salles, l’une pour l’écriture, l’autre pour la compo ! Restent à régler les problèmes des studios de répétition et d’enregistrement : louer ce genre de studios professionnels représente un coût exorbitant au regard de notre budget !

Solliciter le centre Barbara eût été une solution. Mais depuis longtemps nous nous battons pour que la réalisation de nos différents projets mélange les quartiers, brise la frontière du périph ! Notre local dont les fenêtres donnent d’un côté sur le 18e et de l’autre sur Saint-Ouen y est sans doute pour quelque chose. Et voilà que sur ce projet d’un atelier « hors scolaire » Main d’œuvres, le centre musical de Saint-Ouen, entre dans la danse ! Depuis juillet, Mains d’œuvres accueille en résidence artistique le « pilier » de notre collectif musique. L’occasion est trop belle ! Au début septembre, une seule réunion suffit pour que Mains d’œuvres accepte avec enthousiasme de devenir un de nos partenaires sur cet atelier « hors scolaire », s’engage à proposer à des jeunes Audoniens d’y participer.

Salle d’écriture et de compo au centre d’animation René Binet, studios de répétition et d’enregistrement à Mains d’œuvres, la logistique est garantie, l’atelier « hors scolaire » peut s’organiser : des séances toute l’année jusqu’à la restitution fin mai 2013 avec des stages intensifs pendant les vacances scolaires. A la réunion d’information d’Octobre, ils sont vingt. Des jeunes, scolarisés ou non, venus de Binet, de la Goutte d’Or de Clignancourt et de Saint-Ouen. Le nombre impressionne les deux musiciens responsables de l’atelier. Ils avaient tablé sur un groupe de 15 au grand maximum ! Ne pas s’emballer, attendre la première séance… elle a la semaine d’après, et ils sont 25, tous déterminés à poursuivre l’aventure jusqu’au bout (voir l'album P). Une seule solution : dédoubler l’atelier…Jusqu’à fin décembre, les jeunes de cet atelier vont créer une chanson (texte et musique) sans thématique imposée. Dès janvier, ils travailleront comme les lycéens et les collégiens : ils créeront une chanson en s’inspirant d’un récit de vie. Ils choisiront entre les récits de vie proposés à Rabelais ou à Clemenceau. Et si le travail avance bien, ils imagineront deux chansons en s’inspirant des deux récits…


En parallèle au démarrage de l’atelier « hors scolaire », le travail a commencé à Rabelais et à Clemenceau, grâce à l’investissement des mêmes professeurs depuis 4 ans. Merci à eux ! A Rabelais, ce sont d’abord des étudiantes en première année de travail social qui sont concernées par cet atelier ; accompagnées par des membres de notre collectif audiovisuel, elles rencontrent des personnes que nous appelons « des héros ordinaires » et ensemble décident que l’histoire de l’une ou l’autre de ces personnes serait une belle source d’inspiration pour la création musicale des lycéens. A chaque fois, le choix est difficile ! Fin octobre, les étudiantes hésitent entre l’histoire d’une femme de 50 ans, d’origine vietnamienne, venue en France à l’époque des « boat people », et celle d’un homme devenu aveugle (jusqu’à présent nous n’avions pas abordé dans nos récits de vie la thématique du handicap physique ; les étudiantes de cette année y sont très sensibles du fait que dans leur propre classe elles côtoient une jeune fille mal voyante).

Au collège Clemenceau, l’atelier commence après les vacances de la Toussaint, Comme l’année dernière, l’objectif de cet atelier est double : à partir d’un récit de vie, création d’une chanson et d’un clip (vous pouvez voir le clip réalisé l’année dernière sur le site du centre Barbara FGO – oui, oui, bientôt la Sierra Prod aura son propre site... en attendant allez voir aussi notre facebook ! -). Nous venons de tourner le récit de vie qui sera proposé aux collégiens : un jeune homme de trente ans, diplômé de deux grandes écoles, raconte son enfance et son adolescence vécues dans son 19e natal, au sein d’une famille originaire de Tunisie. Se racontant, il dit ses deux cultures qui sont sa force et parle de son père, arrivé à 16 ans en France, sans un sou en poche, si longtemps homme de ménage dans une grande école justement… (lire le compte rendu du tournage)

Rédigé par La Sierra Prod

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