Novembre, décembre, les ateliers prennent leur envol

Publié le 23 Décembre 2010

Le mercredi 18 novembre commence le nouveau cycle d’ateliers « Récits de vie et ateliers musicaux » estampillé La Sierra Prod.

   Dans une salle du collège Georges-Clemenceau (18e), une projection s’organise. Douze collégiens, accompagnés de leur professeur et d’un musicien, découvrent à l’écran la vie de Meriem Lahcene, une habitante du 18e… Le mercredi suivant, Meriem vient en chair et en os rencontrer les collégiens. Puis c’est au tour de Medhi Chellah de regarder sa propre vie défiler sur l’écran en compagnie des collégiens et de répondre à leurs nombreuses questions (lire les comptes rendus de Medhi, et d'un élève).

Tous les mercredis, ces 12 collégiens volontaires, encadrés par un professeur  motivé et un musicien déterminé (lire les comptes rendus du musicien et du professeur), se projettent dans une création au long cours : enregistrer sur un CD trois ou quatre chansons inspirées  de la vie de Meriem, Medhi et d’autres.

Le vendredi 22 octobre, nous avons rendez-vous avec six étudiantes de l’école du travail social (établissement Rabelais, porte de Clignancourt). Ensemble, nous entamons un travail de repérages qui doit aboutir au choix des nouveaux « récits de vie ». Ces récits seront réalisés en 2011 et serviront de terreau à la création musicale d’une classe de seconde au lycée Rabelais. L’atelier mis en place à Rabelais allie étudiants et lycéens, des pré-bac et des post-bac.

Les étudiantes de Rabelais sont pleines d’énergie. Trois d’entre elles participent aux repérages, trois autres aux tournages. Ensemble, elles accompagneront le travail de la monteuse. Ensemble, elles organiseront la projection des films et la rencontre entre les lycéens et les personnages des récits.

L’an dernier, nous avons réalisé trois portraits d’hommes. Cette année, nous choisissons de rencontrer des habitantes du 18; nous voulons faire découvrir aux adolescents des histoires de femmes qui ressembleraient à celles de leur mère, leur grand-mère.

Un premier tournage se déroule le 5 décembre avec Aïcha Smaïl : née à la Goutte d’or, elle y a vécu son enfance et son adolescence pendant la guerre d’Algérie ; son père est algérien, sa mère française…

Dès janvier 2011 l’aventure recommence avec l’établissement Rabelais, et vers la fin de l’année scolaire, les étudiantes passeront le flambeau aux lycéens pour l’écriture et la composition des chansons.

Enfin, la dernière bonne nouvelle concerne le collège Jean-Moulin à Aubervilliers : les ateliers vont débuter dès janvier avec une classe de 4e.

 

Novembre décembre,

les pieds dans le chantier

 

clap6En ce début novembre, nous filmons notre première destruction : les pelleteuses attaquent à grands coups la carcasse de l’ancienne bibliothèque. En 2009, nous filmions une crèche qui se construisait ; en 2010, nous filmons une bibliothèque qu’on démolit.

Les habitants, curieux et émus, s’arrêtent devant le ballet des engins de démolition. Parmi eux, l’équipe de la bibliothèque, pas forcément nostalgique, plutôt impatiente de voir la suite. Les boulistes jouent sur le mail. Il pleut. Il fait froid. Plus de cabane pour s’abriter et boire un café chaud.

Le 18 novembre, dernier jour de destruction ; les pelleteuses s’en donnent à cœur joie. Nous gardons en mémoire les derniers vestiges de la bibliothèque et du fameux terrain de boules. Aujourd’hui, à la place, s’étale un terrain vague boueux. Les habitants ont leurs souvenirs. Nous leur offrons nos images. Ce jour-là, des membres du collectif audiovisuel se lèvent très tôt. Ils veulent tenter une expérience cinématographique (lire le compte rendu) et filment le quartier qui se réveille.

En décembre, nous essayons de nous concentrer sur le montage du « temps du chantier/ des mémoires en construction/ année 2010 ». Il faut visionner toutes les images tournées depuis janvier. Mais le chantier nous sort constamment de notre salle de montage:

Sans cesse reportée, l’ouverture de la nouvelle crèche est enfin programmée pour le début de l’année 2011 : on nous appelle pour accompagner la visite de la nouvelle crèche par les parents et la mise en cartons dans l’ancienne crèche.

Notre voisine de palier n’en peut plus d’attendre les nouveaux logements : nous voilà l’accompagnant avec notre caméra dans la découverte de son nouvel appartement.

Dans la tour, depuis que nous sommes installés dans notre 8e, nous nous laissons plus facilement aller à nos humeurs « filmiques » : nous récoltons une parole par-ci, une image par-là. Les habitants maintenant nous connaissent, nous accostent, se confient.

Cela fait un an que nous bataillons pour établir une relation avec certains jeunes du quartier. Sans cette parole, ce deuxième film passerait à côté d’acteurs majeurs du quartier. Fin décembre, nous avons enfin un vrai échange avec trois jeunes filles du quartier. Elles sont cousines. Et nous organisons avec elles un jour de tournage, dans la bibliothèque, leur lieu favori. Elles évoquent leurs souvenirs d’enfance, et se questionnent sur les enjeux du renouvellement pour l’avenir du quartier. Leur réflexion est passionnante.

Comme nous avons tourné jusqu’au 21 décembre, nous avons pris du retard sur le temps de montage. Si nous voulons organiser une projection mi-février, le mois de janvier doit être exclusivement consacré au montage du deuxième volet du film Le Temps du chantier/ Des mémoires en construction. Cette année, l’expérience du collectif s’étend au montage. Plusieurs monteurs du collectif s’emparent des séquences, et proposeront un film aux multiples regards. 

Fin décembre, c’est l’heure du bilan. Des questions se posent. Faire vivre le collectif mais faire en sorte que chaque individu trouve sa place n’est pas toujours simple. La transmission du savoir entre professionnels et apprentis demande une organisation rigoureuse et un échange permanent. Parfois, certains stagiaires s’impatientent d’empoigner la caméra, et de s’attribuer par là même de plus grandes responsabilités sur les tournages (lire le compte rendu de Lucile). En fin d’année, de nouveaux stagiaires ont rejoint le pôle audiovisuel, l’occasion pour Laurent Malan, ingénieur son, d’organiser une formation qui rappelle les bases techniques du son.

Dans le pôle photographique, le collectif grandit aussi. Les photographes ont pris de nombreuses résolutions avant même que ne commence la nouvelle année 2011. Un nouveau projet se met en route avec les jeunes du quartier, et une nouvelle thématique photographique autour du chantier a été proposée (lire le compte rendu de la réunion photo).

Au milieu des tournages, stages et réunions, nous n’avons pas oublié de fêter l’inauguration du local de la Sierra Prod. Le 10 décembre, notre deux-pièces au 8e étage de la tour a accueilli près de 100 personnes. Merci à vous tous.

 

Et bonnes fêtes.

Rédigé par La Sierra Prod

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Véronique 08/01/2011 06:13


Ravie de découvrir ce blog que je suivrai de près.