Novembre décembre : 2013 sur les rails

Publié le 9 Janvier 2013

 

clap 5 2012

Collectif audiovisuel

 Novembre, décembre : nous bouclons les tournages du 4e film, attaquons le dérushage, élaborons déjà dans un coin de nos têtes la structure du 5e film… Et, nous n’oublions pas les stages techniques. Sont organisés deux stages de postproduction en vue du montage qui commence le 7 janvier (étalonnage et exports). Trois apprentis nous ayant rejoints en fin d’année, des stages basiques d’image et de son sont programmés à leur intention tandis qu’ils accompagnent les équipes sur les derniers tournages, observent, s’imprègnent du fonctionnement du collectif, impatients d’entrer à leur tour dans le vif du sujet : le 5e film.

La tête dans le guidon, nous entendons les plaintes des habitants du 32, avenue de la Porte-Montmartre qui, depuis deux mois, se retrouvent coincés entre les grilles de leur tour et les barrières du chantier. Avec notre caméra, nous les suivons se faufilant dans le chemin étroit et sinueux, dessiné tout du long par les palissades. Depuis janvier 2009, début de ce renouvellement urbain, le quartier n’a pas connu un tel chambardement ! Un trou béant gît à la place du CMP. Des barrières encerclent tout le carrefour du mail jusqu’au périphérique. Il faut emprunter un labyrinthe pour accéder au centre d’animation. Et c’est le parcours du combattant pour entrer au 32, avenue de la Porte-Montmartre. En novembre, décembre, le chantier a séquestré le quartier ! En cette fin d’année, la nouvelle brasserie semble s’affirmer comme un lieu privilégié de ce 4e film en construction : différents personnages y convergent, différentes visions du quartier en devenir s’entrechoquent. Autour d’un café, nous filmons des discussions entre deux jeunes engagés dans leur quartier, entre un habitant et le patron de la brasserie… Sur le mail, nous vivons des moments émouvants devant le bâtiment écroulé du CMP et de l’ancien centre social Binet : une orthophoniste du CMP et deux habituées du centre social se souviennent du temps passé dans ces lieux devenus tas de gravats (voir l’album S). Ce jour-là, nous apprenons que, sur le quartier de demain, il n’y aura plus de place pour le CMP… En juin, on nous disait le contraire ! Un autre jour, sous une belle lumière d’hiver, s’engage une conversation avec des jeunes attachés à leur centre d’animation, inquiets de ce que l’avenir leur réserve : quelle place pour eux dans le quartier de demain ?

En janvier 2013, les réalisateurs (apprentis et professionnel), la chef monteuse (et les stagiaires) s’enfermeront dans la salle de montage. La projection de ce 4e film, prévue fin mars, sera la dernière organisée dans le beau gymnase du centre d’animation. Nous espérons que vous serez nombreux à venir partager cet événement avec nous. Peu de temps après, le gymnase disparaîtra à tout jamais…

 

 

camille masquéCollectif photographique

Après la visite de l’appartement témoin, les habitants du 32 réalisent de la manière la plus concrète (et nous avec eux !) que la destruction de leur tour approche. Dans les ateliers photographiques, le collectif ressent cette prise de conscience. Certes, le temps a fait son affaire, la confiance s’est installée. Les habitants reconnaissent tous les photographes (apprentis et professionnels), leur ouvrent leur porte, les invitent souvent à partager un gâteau fait maison, se prêtent avec le sourire au jeu du sujet photographié. Participer au projet photo, c’est aussi un moyen de fixer sa vie dans cette tour, bientôt livrée à l’évanescence du souvenir… Les ateliers se sont multipliés en cette fin d’année. Les nouveaux prennent rapidement leurs marques : les apprentis sont immergés dans le sujet et progressent facilement, se détachant peu à peu de la technique pour exercer un regard personnel ; les professionnels apportent au projet leur pâte, leur regard. Et donnent à la réalisation de ce projet une nouvelle impulsion tant artistique qu’humaine (lire les textes de la responsable du collectif et d’une intervenante). Nous ne savons pas si le temps de la construction des bâtiments sera respecté, si les équipements seront rendus à l’heure. La seule chose que nous pouvons affirmer, au regard de la qualité grandissante des clichés pris par les jeunes et de leur implication dans ce projet, c’est que les expositions seront à la hauteur de la confiance, de l’amitié aussi, que nous offrent les habitants (voir l’album R).

 

 

d.les jeunesCollectif musical

 Le 10 décembre, les adolescents du collège Clemenceau découvrent le nouveau récit de vie. La projection sur grand écran se déroule en présence de la personne filmée. Une fois les lumières rallumées, un long silence envahit la salle. Notre « héros ordinaire » s’installe devant les élèves et attend leurs réactions. Peu à peu, timidement, des doigts se lèvent, des questions surgissent. Puis de façon plus assurée. Et, enfin, un dialogue se construit entre celui qui a voulu transmettre son histoire et ceux qui vont s’en inspirer pour créer une chanson, un clip vidéo. Pour la première fois, l’histoire transmise aux adolescents est celle d’un fils qui se raconte à travers le combat de ses parents, Tunisiens immigrés en France au début des années 1970. C’est dans le récit lui-même que des ponts sont créés entre les générations. Certains élèves se sont sentis directement touchés, l’un d’eux s’est même identifié ! Un bon point de départ pour commencer la création… Cet atelier paraît toujours une montagne d’organisation : trois groupes dans trois salles différentes, les uns écrivent des paroles, les autres composent la musique, les derniers réalisent un clip de la chanson fabriquée par les premiers… Mais pour cette première séance de création, tout se déroule parfaitement, les adolescents sont alertes, créatifs, inventifs. Les intervenants en sortent ravis, impatients de continuer après les vacances.

Dans l’atelier hors école, les jeunes ont pris de l’avance. Depuis octobre, un mercredi sur deux, au centre d’animation, ils écrivent et composent. Cinq séances, et déjà une chanson à la clé ! Cet atelier rassemble des jeunes un peu plus âgés, et qui ont pour la plupart une année d’atelier musical (voire deux !) dans les pattes. Ils ont une aisance dans l’écriture, une imagination pour la composition qui ne trompent pas : ils ne sont plus débutants (voir l'album Q). Pour la première séance de janvier, ce groupe va lui aussi visionner le récit de vie, dans la salle de Mains d’œuvres, à Saint-Ouen. Une nouvelle chanson va commencer. Cette année, deux groupes de jeunes vont donc écrire à partir du même récit. Deux visions, deux interprétations d’une même histoire. À la fin de l’année, les deux groupes pourront partager leur création sur scène (lire le texte du resonpsable musique).

Pour l’atelier Rabelais, un nouveau récit est en piste. Depuis fin octobre, les étudiantes de l’école du travail social recherchent avec nous des personnes qui pourraient être le récit de vie transmis aux lycéens en avril. La recherche est semée d’embûches car si avec les collégiens l’emploi du temps est facilement maîtrisable (l’atelier se déroule pendant le temps scolaire), avec les étudiantes c’est une autre paire de manches. Elles s’investissent dans le projet en dehors des heures de cours. Malgré les obstacles, ensemble, nous sommes parvenus à ouvrir deux pistes de récit : une femme d’origine vietnamienne qui a fui son pays en guerre dans les années 1970 ; une femme devenue aveugle à l’adolescence… Deux combats de vie différents, l’un lié à une situation géopolitique, l’autre à un handicap physique. Les tournages vont commencer en janvier…

 

 

Rédigé par La Sierra Prod

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Karine Pelgrims 10/01/2013 17:21

Bon boulot
K.P