Le temps du chantier. Des mémoires en construction. De septembre à novembre 2009.

Publié le 23 Octobre 2009

L’été s’en va.
Dans la tour, les portes s’ouvrent…
Les habitants nous racontent "leur" tour.
Pour les uns, une histoire de
"seulement" dix ans; pour les autres,
"l’histoire d’une vie": "plus de 50 ans qu’on vit ici… Le périph est arrivé juste après nous…". Et d’ajouter: "Je me souviens de notre joie quand nous avons eu cet appartement ! Rendez-vous compte ? Nous avions de l’eau chaude au robinet et une salle de bain !".
 
Le  23 septembre, des gens de la tour ont rendez-vous avec une enquêtrice de Paris Habitat (ex Opac). Veulent-ils aller en banlieue, dans un autre quartier, dans de l’ancien ? Ceux que nous  rencontrons veulent rester dans le quartier, attendre les nouveaux appartements. Mais le prix à payer ? Ce jour-là, l’enquêtrice n’a pas la réponse. Elle se contente de noter leurs revenus. Leurs souhaits, aussi : "…On est quatre dans ce faux deux-pièces ; une pièce de plus ça serait pas du luxe…". Et chacun d’en rajouter : "Moi je voudrais des placards", "j’aimerais bien un balcon", "et surtout pas de baignoire !", "Une douche à l’italienne ça serait bien !"…
 
L’automne arrive. Les photographes préparent la première exposition du "Temps du chantier". Quelles photos choisir ? Pourquoi celle-ci et pas celle-là ? Le thème : "les habitants dans le chantier". Un principe : peu de photos mais de beaux tirages, de grands formats.
Pour les équipes audiovisuelles, c’est surtout dans la salle de montage que ça se passe. Sans complaisance, en présence de Michèle et de Pierre, les stagiaires – apprentis  analysent les images qu’ils ont tournées, décortiquent leurs rushes, se rendent compte des erreurs. Certains décident de monter leur séquence. Au final, ces séquences vont construire un documentaire retraçant l’histoire de cette première année du temps du chantier.
Sur le chantier de la crèche, les ouvriers finissent la charpente, attaquent la toiture, tandis que, sur le quartier, un nouveau front s’ouvre dans ce "temps du chantier", celui de la bibliothèque…

Rédigé par La Sierra Prod

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pascal 03/11/2009 12:31


Un compte rendu improvisé , (je n'ai pris aucune note), d'une séance de dérushage sur le banc de montage, et d'une autre séance de stage de prise de vue, à Candela, avec Pierre

Pendant le dérushage, étaient présents Michèle ,Cédric et Pierre. Logiquement, nous avons dérushé des images tournées par Cédric et moi en commençant par les miennes.
Plusieurs points, avec un petit peu de recul, me semblent importants à signaler.
Ce, d'autant que, lors de tournages qui ont eu lieu APRES cette séance de dérushage, je les avais encore en tête et il m'ont servi à améliorer la prise de vue.
Les voici : je fais très attention de ne parler que de ce qui m'a marqué et des erreurs que j'ai constatées dans les rushes.
- Pour qu’un plan soit exploitable, il faut qu'il présente une bonne dizaine de secondes d'immobilité. C’est valable aussi pour l'entrée et la sortie d'un panoramique ou d'un mouvement quelconque.
Ce sont des choses que je savais pourtant mais que je n'appliquais pas CORRECTEMENT. Le dérushage, c'est impitoyable...(en plus y'a la monteuse...)
- Il faut se faire violence parfois pour ne pas forcément vouloir TOUT SAISIR de ce qu'il se passe autour de nous car c'est le meilleur moyen de ramener des images fébriles et inexploitables. Par
exemple, si dans un cadre donné, un des protagonistes s'éloigne pour accomplir une autre action... Le premier réflexe serait de le suivre avec la caméra. Or, il est souvent plus judicieux de le
laisser SORTIR DU CHAMP.
Rien n'empêche ensuite d'aller ensuite chercher cette action.
Pour améliorer nos manières de filmer, et filmer INTELLIGENT, il faut éviter de rester l'œil collé à l'œilleton. Regarder avec ses yeux d'abord est un truc que Pierre répète souvent.

- Un autre point a été abordé : le tournage d’un l'entretien. Pierre là aussi conseille de placer la personne ASSEZ LOIN du décor situé derrière lui. Ca permet d'exploiter les effets de la
profondeur de champ. L'arrière étant flou, la personne interviewée SE DETACHE mieux du fond. Si, dans une même action et le même axe on veut donner 2 valeurs de plans différentes, il faut prendre
garde que ces valeurs soient éloignées l'une de l'autre, c'est à dire que le plan serré soit SERRE et le plan large soit LARGE( et non des plans dont les valeurs sont trop proches.)

Voici ce qui me vient à l'esprit. Cette séance m'a parue très profitable .Il y a d'autres points que l'on a abordé comme le découpage d'une action en 2 ou 3 plans ,mais là je ne saurais l'expliquer
correctement.
Peut être que l'on devrait travailler là dessus lors d'une autre séance.


Pendant le stage caméra, étaient présents Juliette, Valérie et Pierre

je serai plus bref. On a vraiment pris le temps de prendre en main et de manipuler les pieds et les 2 formats de z7.
On a parlé de la meilleure façon de cadrer avec un pied. On a parlé de la meilleure façon de cadrer à l'épaule. Pierre nous donne SES trucs (en précisant bien que ce sont SES trucs). Là aussi c'est
très profitable.
Ensuite nous avons détaillé les différentes fonctions de la caméra, nous avons exploré le Menu (en mettant de coté la partie son à voir avec Laurent). Bref, on s'est familiarisé avec l'outil.
Je crois que c'est tout pour l'instant
à Bientôt
Pascal


chantal 01/11/2009 21:55


Printemps, Eté, … le temps s’est écoulé au rythme des saisons … l’Automne s’est installé …. Sans trop y croire, il ressemble tant à un été qui n’en finit pas, mais il faut se rendre à l’évidence
l’exposition photos se rapproche à pas de géant.

C’est décidé l’exposition se fera en Décembre.

Le 28 Octobre, dans une ambiance chaleureuse, nous nous sommes retrouvés, Joëlle, Florence, Léo, Léa, et moi pour faire un choix parmi près de 200 photos prises au fil du temps du chantier.
Florence est le Chef de Projet de notre équipe. Tout de suite, le ton est donné, structuré, professionnel. Les planches de photos sont distribuées, nous devons chacun faire notre choix pour en
final n’en retenir que 20. L’objectif : 10 portraits d’habitants du quartier, 10 photos sur l’ambiance du chantier. 20 photos … de prime abord, cela nous semble un peu drastique, mais que faire,
notre budget n’est pas extensible et nous voulons un beau tirage sur un support résistant aux caprices de l’hiver.

Peu à peu des photos émergent. Joëlle parfois s’inquiète de nos choix. Tout en délicatesse, elle tente de nous « recadrer ». Nos choix lui paraissent trop orientés sur l’esthétisme. Joëlle nous
rappelle l’importance des arbres, du chantier, de la future cour en forme d’« œuf ». Nous l’écoutons, la rassurons, modifions nos choix. Deux heures plus tard, l’esquisse de notre exposition est là
devant nos yeux. Reste à vérifier si les formats sont corrects, carré pour les portraits, rectangle pour les ambiances … a priori, certaines photos sélectionnées ne pourront être retenues, erreur
des photographes amateurs qui n’ont pas sauvegardé l’original ….Dommage. C’est en faisant que l’on apprend …

8 portraits sont retenus … 8 portraits des habitants de Gérard de Nerval et de la Tour Montmartre … sourires retenus, gestes, expressions figées dans un instant. Plus rien ne bouge, le temps s’est
arrêté. La photo s’est appropriée le présent fait de nostalgie du passé et d’inquiétude du devenir. Cadrage sur de beaux visages révélant la sagesse apprise au fil du temps. Cadrage sur un regard
où les yeux par la magie de la photographie reflètent l’horizon.

16 photos d’ambiance du chantier sont retenues … il va falloir affiner notre choix … il y en a tant et tant … les ouvriers, les habitants, les boulistes, le chantier. Le chantier reprend vie sous
nos yeux : les arbres protégés de grands pots de fortune aux couleurs sombres, les murs nuancés de gris qui se parent d’ombres et de lumières au gré des caprices du soleil, le ciment gris et froid
qui recouvre au fil des jours la terre chaude aux couleurs d’ocre et d’or, le ciel peu à peu griffé de gris par les poutrelles qui s’élancent vers le bleu azuré … la crèche se dessine, se révèle
par touches délicates comme un puzzle qui s’assemble avec patience … demain … plus tard, le toit de verdure s’installera, effacera toutes les blessures, toutes les inquiétudes … demain.

Il est tard. Nous devons nous quitter. C’est fini pour ce soir. Nous nous disons au revoir le sourire accroché à nos yeux, il nous reste encore tant d’occasions, comme ce soir, de nous réunir : les
devis à finaliser, les tirages à réaliser, les supports à choisir, l’exposition à organiser ….

Vous lecteur anonyme du 18ème si le cœur vous en dit, venez nous rejoindre. N’ayez pas d’inquiétude. Comme moi, faites vous le plaisir de vous laisser apprivoiser. Vous verrez, une fois posé dans
ce nid douillet vous n’aurez plus qu’un désir : rester, écouter, échanger, rire, donner.

A bientôt pour la suite de cette belle aventure ….
Chantal MARQUER
28 Octobre 2009


olga 26/10/2009 22:08


Salut à tous,
Avec Pierre et Michèle j’ai visionné des rushes que j’avais tournés en mai et juin en compagnie de Pierre et Laurent et Marouane au son. Voici en vrac quelques remarques que je trouve intéressantes
à partager avec vous.
Réglages Carte Flash, Format :
Tout d’abord on doit définitivement trouver les bons réglages de format pour la carte Flash et la cassette DV. C’est un peu le bordel dans les rushes, y a un peu de tout.
Les cartes Flashs doivent être vidées et puis reformatées à chaque fois, car sinon elles ne se vident pas entièrement. C’est important car la carte Flash est plus longue (72mn) que la cassette et
ainsi on est certain de ne pas continuer à tourner sur la DV alors que la Carte Flash est pleine. On va régler la caméra sur Quick start, ainsi il n’y aura plus ce temps de latence infini qui nous
fait rater des débuts de plans.
Entretien :
La personne qui pose les questions doit vraiment être collée à la caméra et il faut éviter qu’il y ai trop de monde derrière la caméra. Sinon la personne filmée regarde tout le monde et ça
déconcentre. Pour le preneur de son et d’images, penser à regarder « ailleurs » quand la personne filmée cherche notre regard. Lorsque le cadreur bouge pendant l’entretien, la personne qui pose les
questions ne bouge pas avec. Ainsi au montage il y a une cohérence dans les regards et les axes.
Netteté / Flou / Profondeur de champ :
Lorsque nous filmons des personnes devant des objets, des lignes droites tel que des grilles, on a l’impression que la personne filmée est floue et les objets derrière sont net. Le mouvement de la
personne donne cette impression à côté de l’immobilité des objets. Cet effet est également accentué par la trop grande profondeur de champ des caméras à petit capteur vidéo. Ne pas Hésiter à casser
cette profondeur de champ avec des plans plus rapprochés ou en éloignant la caméra.
Lumière :
Penser à se munir d’un réflecteur pour les prochains tournages. Avant de tourner, analyser d’où vient la lumière pour la capter sur les visages, identifier les différentes sources pour les éliminer
ou les garder dans le cadre. On a filmé une femme sous les arbres assise sur un banc, Joëlle est restée debout, ainsi le visage de la femme qui regarde vers le haut, capte la lumière du ciel.
Montage :
On a regardé toutes les images avec Michèle, c’était très bien d’avoir aussi le regard d’une monteuse pour dire si les images sont montables ou pas.
Son :
Marouane, le son dans le marché est très bien. C’est moi par contre qui ai parfois coupé un peu tôt les boucles de sons… Les entretiens également sont très bien malgré les travaux à côté. J’ai
malheureusement parfois laissé trop d’air au dessus de la tête et la perche vient titiller le bord du cadre. Penser à prévenir le preneur de son lorsque le cadre est un peu différent de la « norme
».


Voilà quelques conseils intéressants qui m’on paru important. Pierre, j’espère que je transmets bien ce que tu m’as dit, merci de rectifier si erreur.
A bientôt, Olga.


helios 24/10/2009 23:58


Le 26 septembre, Pierre :
"Oubliez vous, faites corps avec elle... défaites vous de la technique... que du reflexe.
Il faut arriver à s'en dépouiller... pour ne faire qu'un avec... prolongement de toi, de ton bras, de ton oeil..."

Encore faut il l'avoir ingéré ta technique....

Dérouler les pieds, pour rendre fluide son avancée... Le mouvement des hanches souple...
Croiser les jambes pour un mouvement latéral et non pas un pied qui en chasse un autre...
Amortir le chaloupement de ses épaules... Respirer avec l'estomac...

En ce samedi matin, Pierre se tient debout depuis 2 bonnes heures, là en face de moi qui suis, avachi, sur la chaise...
Olga se tient droite, oreilles et yeux grands ouverts... Elle ose poser les questions, je peine a me concentrer... tellement d'informations.

Découper sa séquence, arriver avant sur les lieux pour les observer, s'en imprégner,
et poser son cadre avec l'œil avant de le poser avec quoi que se soit.
Mes cadres vont en rendre malades certains, encore un bout de temps car ça tangue chez moi.

Le pied, sa bulle, son ressort de compensation, les frictions, le frein naturel que tu vas créer au besoin avec ta main entière,
bras magique et monopod sont précieux dans une voiture...

Les réglages de la caméra font partie, comme au dessus de ces réflexes, de ce qu'il faut intégré pour ne pas se laisser surprendre par la suite.
Un time code incrusté sur ton image par exemple...
Plus largement, on ne déboule pas avec son kit sans, en amont, avoir préparer ses outils.
Nous voila plongés dans une suite vertigineuse de Zebra, Auto Gain Control, ECS, Auto Focus, Push Auto, et j'en passe tellement...

On capte pour nourrir le montage, pour proposer. On regarde, on sent avant toute chose.
Pierre transmet. Grand pro avec petits secrets de fabrication comme il se doit, s'il vous plait.

--
cordialement*h
www.horsigne.com