LE MAI MUSICAL DE LA SIERRA PROD

Publié le 15 Juin 2011

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photo jean moulin

En mai, les collégiens de Clemenceau (18e) et de Jean-Moulin (Aubervilliers) finalisent leurs textes, perfectionnent leurs flows. Dans ces deux collèges, l’atelier s’est étalé sur l’année scolaire, tous les mercredis à Clemenceau, un jeudi sur deux à Jean-Moulin. Pour les lycéens de Rabelais, l’aventure commence début mai. Pour tous, la restitution aura lieu le 28 mai.

Il faudra être au top, et exploser le plafond du Centre Barbara.

Avant le concert, le quatuor de Clemenceau découvre l’ambiance d’un studio d’enregistrement : amplis et ordis entassés, des vinyles accrochés au mur, ce studio a du vécu, ils ne sont pas les premiers à y poser leurs rimes. Le micro trône dans la cabine, il les attend. L’excitation est teintée d’une pointe de timidité, de trac aussi. Mais Coup'k, Fabrice et Tarik, l’ingé son, les rassurent. Djebril se lance, le casque sur les oreilles : le couplet est calé, impeccable, cela donne du nerf aux autres. En quelques heures, les deux titres sont dans la boîte. Le résultat est bluffant, quasi professionnel.

Du côté de Jean-Moulin, on se découvre des talents de chanteuses. Céline, Lourdgy et Fanta écrivent le refrain de « Tristesse, notre histoire » qui risque fort de s'incruster dans les cerveaux le jour de la restitution. La pression monte. Ils ont eu moins de séances de travail mais veulent être à la hauteur. Malgré la température estivale, ils sont tous présents pour cette dernière répétition. Le groupe compo, encadré par Kohndo, peaufine l'arrangement, pendant que Saliha, Nalah, Salah et toute l'équipe enchaînent leurs couplets. Juste avant la sonnerie, on tient le morceau parfaitement exécuté. Tout le monde applaudit, ils seront en rendez-vous sur la scène du Centre Barbara, pour, « bien sûr ma gueule », représenter Auber ! L’enregistrement de leur titre est prévu à la mi-juin.

À Rabelais, avant que les lycéens entrent en scène, un groupe d’étudiantes en première année de l’école de travail social a travaillé pendant trois mois avec le pôle audiovisuel de la Sierra Prod pour réaliser les récits de vie de Fatou Gassama et d’Aïcha Smaïl. Fin avril, les étudiantes projettent les récits aux 18 élèves de seconde, en présence des deux « héroïnes », en chair et en os. La rencontre est prenante, les élèves sont silencieux, respectueux, un peu sonnés par la ferveur d’Aicha, émus par les mots tendres de Fatou. Une lycéenne sénégalaise est arrivée en France depuis peu, et c’est ici qu’elle a rencontré sa mère. L’histoire de Fatou, qui a découvert sa vraie mère à l’âge de 10 ans, résonne en elle. Alors la jeune fille lève le doigt, et demande à Fatou comment elle a fait pour appeler sa mère biologique « maman ». Fatou la rassure, et lui raconte son expérience. (lire le texte de la professeur et le texte d'Aicha Smail)

La semaine d’après, la rencontre est digérée, ils sont prêts à attaquer l’écriture. Rendez-vous à 9 h 30 devant le centre d’animation Binet (que la plupart découvrent). Trois groupes se forment : le chœur, les rappeurs, les chanteurs.

En six jours, les jeunes doivent écrire et composer un titre, et l’interpréter entièrement à la voix ! Mais chacun déploie tant d’énergie, de passion, que le défi est relevé haut la main : dès le milieu de semaine, les trois groupes se réunissent dans le gymnase du centre d’animation (au même endroit que les projections du Temps du chantier) pour répéter leur chanson « Guerrière des terres » en rythme et en harmonie. (lire les impressions des élèves)

Clemenceau, Jean-Moulin, Rabelais : les trois groupes ont composé des titres très différents. Lire les paroles de chaque chanson :

 

Clemenceau – Malgré les origines

Clemenceau - Une bataille

Jean-Moulin : Tristesse, notre histoire

Rabelais : Guerrières des terres

 

Le 28 mai, ils les ont chantées, chacun à leur tour, sur la scène du Centre Barbara, devant une salle comble, prête à taper dans les mains à chaque refrain. Il y avait des parents, d’autres élèves et professeurs, les « héros des récits de vie », quelques représentants de structures du quartier (Accueil Goutte d’Or, notamment). Des musiciens qui venaient répéter au centre se sont assis dans le public, surpris par la qualité de la représentation. C’est le quatuor de Clemenceau qui a ouvert le bal, sur le couplet de Djebril, canalisant son trac dans une énergie détonante. Ils ont mis le feu. La chanson des élèves de Jean-Moulin, qui mêle du chant, du rap, des chœurs et des solos, a provoqué des frissons, et celle de Rabelais l’étonnement général.

Un grand bravo, un grand merci, et vivement l’an prochain puisque les trois établissements veulent continuer l’aventure

Rédigé par La Sierra Prod

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Coup?K 21/06/2011 18:09


je m'ennuie là, vivement l'année prochaine! Bravo à tous les jeunes affamés de zik et de mots, et chapeau bas à toute l'équipe de La Sierra Prod!