JUIN SUR LE TERRAIN, ON SORT LES OBJECTIFS !

Publié le 15 Juin 2011

 

clap10Le collectif audiovisuel 

Cela fait bien longtemps que les équipes de la Sierra Prod n’ont pas porté les casques de chantier, ni filmé les gestes d’un ouvrier. Le terrain est vague, comme les prochaines dates de démolition/reconstruction. C’est un autre temps du chantier : un temps qui s’étire, un quartier qui reste en friche, et l’horizon de la fin des travaux qui reste un mirage.

Pour le collectif audiovisuel, c’est le temps de l’écriture : observations, repérages, discussions et rencontres, en bas de la tour, dans l’ascenseur, sur les bancs publics, et dans le carré des biffins. Nous rencontrons de plus en plus d’habitants qui en ont marre. Difficile pour les habitants de garder le moral quand le quotidien ne bouge pas. Pire, se dégrade. Dans la tour, des portes se murent au fur et à mesure que les voisins partent, des grilles sont installées devant les caves pour empêcher l’accès aux éventuels squatteurs. « On se sent abandonnés », soupirent les gens de la tour. Et certains qui désiraient rester ont finalement franchi la porte de Paris-Habitat pour demander un relogement loin d’ici.

Le doute a envahi le cœur des habitants : « Que va devenir ce nouveau quartier ? » Et surtout : « Est-ce qu’on en fera partie ? » Ce sont les mêmes questions qui nourrissent les discussions sur le carré des biffins, sous le périphérique. Finalement, sur certains points et ressentis, habitants et biffins se rejoignent (lire le texte d'Hélios). Pour le troisième film, nous avons envie de lier les points de vue, mais aussi les séquences entre elles : de tisser un seul fil entre les différents personnages, lieux et problématiques.

En juin, le collectif oscille entre la plume et l’objectif.

Nous renouons avec la caméra, le temps de deux stages qu’organise Pierre, ravi de n’être entouré que de jeunes femmes. Puis nous organisons les premiers tournages, avec un groupe d’habitants devant les boîtes aux lettres de la tour ; avec Simone chez le coiffeur ; avec les biffins qui luttent pour vendre des bricoles. Les travaux ne rythmeront pas - ou peu - le film (le seul chantier en marche cette année, c’est la destruction de l’ancienne crèche, d’ici quelques jours : nous la filmons sous le regard de la directrice). Non, le rythme du film sera déterminé par les gens, leurs humeurs, le chemin de leurs analyses. Il balancera entre ceux qui attendent et ceux qui déménagent, entre ralentis et accélérations, colère et patience. La majorité des tournages est prévue à partir de septembre. Peut-être qu’à la fin de l’année, nous pourrons filmer le premier coup de pioche des fondations des futurs logements ?


 

DSC 0020Le collectif photo

Au 8e étage de la tour, les photographes s’activent : Florence, Chantal, Jacky et Marie-Hélène déplient un grand fond gris, tapissent les fenêtres d’un tissu noir, installent des lumières. Le bureau s’est transformé en studio photo.

On attend avec impatience les jeunes curieux qui participent à l’atelier photo. C’est une première : quatre jeunes du quartier (Fabien, Sanae, Yassine, Maoudé), accompagnés de Sofiane (membre de l’association « La rose du bitume ») investissent le local. Un peu de vie dans cette tour qui se vide.

Dans une pièce, ils écoutent attentivement Florence qui les initie à la prise de vue en studio, au portrait, et à Photoshop. Dans l’autre, ils embrayent le pas de Jacky qui, après deux trois mots sur la technique du photoreportage, leur propose déjà de partir en vadrouille pour apprivoiser les appareils (deux reflex numériques, récente acquisition de la Sierra Prod) et exercer leur regard sur le quartier, ses gens et ses rues. Pas de chance, on leur refuse de prendre des photos dans le parc. Mais heureusement, les jeunes du terrain de basket se prennent volontiers au jeu. De mi-mai à mi-juin, quatre séances se succèdent, et les apprentis photographes progressent : ils jouent sur le flou et le net, le point de vue, le cadre. Certains essais sont étonnants, notamment dans la cage d’escalier de la tour. Les jeunes sont partants pour continuer à apprendre, et commencer dès la rentrée prochaine à prendre des portraits d’habitants. Leurs photos se joindront à celles du collectif.

Rédigé par La Sierra Prod

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article